Nouveaux programmes de CM2 : ce qui change à la rentrée 2026
Mon fils est entré en CM2 cette année, et il m’a fallu trois semaines pour comprendre pourquoi son cahier de français ne ressemblait pas à celui que je connaissais. La réponse tient dans un arrêté d’avril 2025 dont le calendrier arrive au CM2 en septembre. Voici ce qu’il contient, et surtout ce qu’il ne contient pas.
Ce que dit l’arrêté, et pourquoi le CM2 seulement maintenant
L’arrêté du 10 avril 2025 fixe les programmes de français et de mathématiques du cycle 3, celui qui va du CM1 à la sixième. Son article 3 prévoit une application en deux temps : à la rentrée de l’année scolaire 2025-2026 pour le CM1 et la sixième, à la rentrée de l’année scolaire 2026-2027 pour le CM2. Nous y sommes depuis le 1er septembre.
Ce décalage d’un an n’est pas un retard de publication. Il évite de changer de texte en cours de route pour une classe déjà lancée : chaque niveau bascule à son tour, en commençant par l’entrée du cycle.
Autrement dit, les élèves qui sont en CM2 cette année étaient en CM1 l’an dernier, donc déjà sous le nouveau programme. C’est la première promotion à faire les deux années de cours moyen avec le même texte, et à retrouver sa suite en sixième, où il s’applique aussi depuis 2025.
Dernier point que l’arrêté dit noir sur blanc et qu’on oublie vite : il ne concerne que deux disciplines. Son article 2 retire les parties français et mathématiques de l’annexe de 2015, et laisse le reste du cycle 3 en place.
Français : le vocabulaire passe au premier plan
Le texte des programmes n’est pas dans l’arrêté lui-même : il est dans ses annexes, publiées au Bulletin officiel du 17 avril 2025. Le Café pédagogique l’avait signalé dès la parution, en avril 2025, en précisant que le CM2 attendrait 2026.
Ce que les présentations académiques mettent en avant côté français, c’est d’abord le lexique. La présentation diffusée en novembre 2025 par les services de l’académie de Versailles parle d’un « enjeu plus fort sur l’enrichissement du vocabulaire », d’« objectifs clairs, structurés et explicites » pour tous les élèves, et d’une autonomie à construire dans la lecture, l’écriture et la recherche de vocabulaire.
Dans le cahier, ça se voit à des choses discrètes : des mots relevés et repris, des listes qui reviennent d’une semaine sur l’autre, des consignes qui demandent d’expliquer un terme plutôt que de le souligner.
Un mot sur les chiffres, parce qu’ils circulent beaucoup depuis le printemps 2025 : une vitesse de lecture en mots par minute par niveau, une dictée quotidienne. Je ne les reprends pas ici, faute d’avoir pu ouvrir l’annexe du Bulletin officiel pour les vérifier mot pour mot. Un repère chiffré recopié de seconde main change toujours un peu en route. Si l’enseignant de votre enfant vous en donne un, c’est lui qui a le texte sous les yeux.
Mathématiques : des domaines redécoupés, pas un ordre imposé
Côté mathématiques, la page consacrée au nouveau programme par l’académie de Bordeaux, mise en ligne fin juin 2025, décrit un texte présenté en un seul document, organisé par grands domaines. Les objectifs d’apprentissage y sont des attendus de fin d’année, et ils ne sont pas ordonnés : la progression reste la décision de l’enseignant.
La même page signale deux déplacements. La proportionnalité devient un domaine à part entière, alors qu’elle était jusque-là traitée à l’intérieur d’autres parties. Et les probabilités font leur apparition dès la première année du cycle, aux côtés d’une initiation à la pensée informatique.
Pour un parent, la conséquence pratique est simple et un peu contre-intuitive. Comparer, à la mi-janvier, le cahier de son enfant avec celui d’un cousin scolarisé ailleurs ne dit rien du tout. Deux classes peuvent aborder les fractions en novembre ou en mars et être toutes les deux exactement dans le programme.
Ce qui se compare, c’est l’état des acquis en fin d’année, pas la page à laquelle on en est en janvier. C’est aussi ce qui rend une fiche de résultats plus utile qu’un sommaire de manuel : ce qu’on en fait dépend de ce qu’elle mesure, pas du rythme de la classe.
Ce que ça change dans le cartable
Trois choses concrètes, et une quatrième qui ne change pas.
D’abord, les programmes publiés le 17 avril 2025 sont accompagnés, comme le rappelle l’académie de Strasbourg en mai 2025, de livrets qui détaillent pour chaque niveau des exemples de réussite correspondant aux objectifs d’apprentissage. C’est la ressource la plus parlante pour un parent : elle montre à quoi ressemble un élève qui y arrive, plutôt qu’une liste de notions.
Ensuite, l’ordre des séquences peut ne pas ressembler à celui de l’an dernier, y compris chez le même enseignant. Ce n’est pas un signe de désorganisation, c’est ce que permet un programme écrit en attendus de fin d’année.
Enfin, les manuels. L’arrêté ne dit rien des manuels, rien des cahiers d’exercices et rien des fournitures. Un bandeau « conforme aux nouveaux programmes » sur un cahier de vacances en rayon n’engage que son éditeur, et l’école choisit ses supports quand elle le décide.
Et ce qui ne change pas : l’histoire, la géographie, les sciences et les langues vivantes ne sont pas touchées par ce texte-là. Si votre enfant a l’impression que tout a bougé, c’est le français et les mathématiques qu’il faut regarder.
Ce qu’un parent n’a pas à faire à la maison
Il n’y a rien à rattraper. Un changement de programme est un travail d’enseignant : il redistribue des objectifs sur une année, il ne crée pas un retard chez un enfant de dix ans.
Donc, non, ce n’est pas le moment d’acheter la pile de cahiers estampillés nouveaux programmes, ni de refaire une leçon le soir parce qu’elle vous paraît arriver tard dans l’année. La seule question utile à poser en réunion de rentrée, ou dans le cahier de liaison, tient en une ligne : quels objectifs sont visés d’ici les prochaines vacances ?
Ce qui marche à la maison n’a pas changé avec l’arrêté. Vingt minutes le week-end, le cahier ouvert, et l’enfant qui explique à voix haute ce qu’il a compris : c’est la routine que je tiens depuis deux ans, et elle repère une notion mal assise plus vite qu’un fichier d’exercices.
Le reste, y compris les repères chiffrés dont tout le monde parle, appartient à la classe. Vous avez le droit de demander à les voir. Vous n’avez pas à les faire appliquer.
Questions fréquentes
Le programme de CM2 change-t-il vraiment en 2026 ?
Oui, pour le français et les mathématiques. L’arrêté du 10 avril 2025 prévoit à son article 3 une application à la rentrée 2025-2026 pour le CM1 et la sixième, et à la rentrée 2026-2027 pour le CM2. Elle est donc effective depuis septembre 2026.
Quelles matières sont concernées par les nouveaux programmes de cycle 3 ?
Uniquement le français et les mathématiques. L’arrêté du 10 avril 2025 retire ces deux parties de l’annexe de 2015 et ne modifie pas les autres enseignements du cycle 3.
Où lire le programme officiel de CM2 ?
L’arrêté est consultable sur Légifrance, et ses annexes, qui contiennent le texte des programmes de français et de mathématiques, sont publiées au Bulletin officiel de l’éducation nationale du 17 avril 2025 sur education.gouv.fr.
Faut-il racheter des manuels ou des cahiers d’exercices ?
Non. L’arrêté ne prescrit ni manuel ni fourniture. Le choix des supports revient à l’école et à l’enseignant, et une mention commerciale sur une couverture n’a aucune valeur réglementaire.
Sources
- Arrêté du 10 avril 2025 fixant les programmes d’enseignement de français et de mathématiques du cycle de consolidation (cycle 3) (2025-04-10)
- Programmes d’enseignement de français et de mathématiques du cycle de consolidation (cycle 3), Bulletin officiel n° 16 du 17 avril 2025 (2025-04-17)
- Le programme de cycle 3 à partir de 2025, académie de Bordeaux, mathématiques (2025-06-30)
- Présentation nouveaux programmes français cycle 3, SDEI 78, académie de Versailles (2025-11-24)
- Nouveaux programmes de cycle 3 (CM1-CM2-6e), académie de Strasbourg, mathématiques (2025-05-12)
- CM1 et 6ème : nouveaux programmes de français et de maths pour la rentrée, Café pédagogique (2025-04-24)