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Brevet et bac 2027 : les deux points de maîtrise de la langue

Depuis la mi-septembre, une question revient chez les parents de troisième : « il va perdre des points pour l’orthographe en maths ? » La réponse courte est oui, la langue compte désormais dans chaque épreuve du brevet et du bac. La réponse utile est plus fine, et elle ne passe pas par une dictée tous les soirs.

Ce que dit le texte, et à partir de quand

Une note de service publiée au Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026 fixe les exigences de maîtrise de la langue pour l’ensemble des examens, à compter de la session 2027. Elle vise le diplôme national du brevet (DNB), les baccalauréats et les diplômes professionnels. Un élève de troisième ou de terminale cette année est donc dans la première promotion concernée, en juin 2027.

La règle tient en une phrase, reprise par service-public.gouv.fr le 24 septembre : « un minimum de 2 points est accordé à la maîtrise de la langue ». Le portail pédagogique de l’académie de Montpellier précise que ces points sont « systématiquement » attribués « dans les barèmes de chaque épreuve ».

Ce détail change la façon d’en parler à la maison. Il ne s’agit pas d’une pénalité qui viendrait s’ajouter à la note. Ce sont au moins deux points du barème, pris sur le total de l’épreuve, réservés à la qualité de l’écrit. Une copie bien rédigée les obtient, exactement comme elle obtient les points d’un exercice réussi.

Une partie de la presse parle de deux points « perdus d’office ». C’est une façon de le dire, mais les textes officiels que j’ai pu lire parlent de points accordés. Pour un ado de quatorze ans, la nuance n’est pas anodine : on travaille plus volontiers pour gagner deux points que pour ne pas en perdre.

Les quatre niveaux de la grille, et ce qu’ils regardent

La grille commune va de très insuffisant à très satisfaisant, en passant par insuffisant et satisfaisant. Quatre niveaux, pas de note intermédiaire à inventer. Service-public liste les quatre aspects que le correcteur examine :

  • l’orthographe ;
  • la syntaxe, c’est-à-dire la construction des phrases ;
  • le lexique, le choix des mots ;
  • la mise en forme et l’organisation de la réflexion, autrement dit l’ordre dans lequel on présente ce qu’on pense.

Le portail de l’académie de Montpellier formule les mêmes attentes autrement : respecter les normes orthographiques et syntaxiques, formuler un raisonnement clairement, employer un vocabulaire précis et adapté.

Ce qui me frappe dans cette liste, c’est que l’orthographe n’y est qu’une ligne sur quatre. Les trois autres portent sur la clarté. Une copie sans faute mais confuse, où l’on ne comprend pas comment l’élève passe d’une idée à l’autre, ne coche pas toutes les cases.

Les pages officielles que j’ai consultées ne disent pas combien de points correspondent à chaque niveau. Je ne m’avance donc pas sur un calcul du type « satisfaisant égale tant de points ». Les professeurs de votre enfant recevront ces précisions et sont les mieux placés pour vous les donner.

Pourquoi les maths et les sciences sont concernées aussi

C’est la partie qui surprend le plus. Le portail de Montpellier est explicite : l’exigence vaut « dans tous les enseignements et toutes les disciplines ». VousNousIls le résume ainsi, le 23 septembre : la règle s’applique « quelle que soit la matière, y compris en mathématiques ».

En maths, au brevet, l’écrit tient plus de place qu’on ne le croit. Justifier une réponse, rédiger la phrase de conclusion, expliquer pourquoi un triangle est rectangle : tout cela s’écrit. Une suite de calculs juste mais sans un mot pour relier les étapes est précisément ce que le critère « organisation de la réflexion » regarde.

Il existe une seconde règle, plus sévère, réservée à certaines épreuves. Pour celles qui comportent « une dimension rédactionnelle majeure », écrit service-public, « la moyenne ne peut être attribuée à une copie défaillante sur l’ensemble des aspects relatifs à la maîtrise de la langue ».

Deux remarques. D’abord, les pages officielles que j’ai lues ne dressent pas la liste de ces épreuves ; VousNousIls et le Café pédagogique citent le français et l’histoire-géographie. Ensuite, le texte dit « sur l’ensemble des aspects » : il vise une copie défaillante sur tout, pas une copie qui contient des fautes d’accord.

Trois choses à travailler à la maison, sans dictée

Le samedi matin, quand je relis un devoir avec mon fils, j’ai arrêté de pointer toutes les fautes. Ça le décourageait et ça ne changeait rien à la copie suivante. Voici ce qui marche mieux chez nous, et qui colle aux quatre critères de la grille.

Relire avec une seule cible

Les cinq dernières minutes d’un devoir servent à relire, mais en cherchant une seule chose à la fois. Un passage pour les accords sujet-verbe, un autre pour les terminaisons en -é ou -er. On trouve bien plus d’erreurs en cherchant une catégorie qu’en relisant « tout ». C’est un réflexe à installer d’ici juin, sur des devoirs ordinaires.

Écrire la phrase de réponse, même en maths

Après un exercice de maths ou de physique, je demande une seule chose : la phrase qui conclut, avec l’unité. « On sait que…, donc… » suffit. Ce petit pont entre le calcul et la réponse travaille la syntaxe et l’organisation du propos, dans la matière où l’élève ne s’y attend pas.

Chasser les mots vagues

« Truc », « chose », « il fait » : quand ils apparaissent dans une copie, on cherche ensemble le mot exact. Le vocabulaire précis se construit surtout en lisant et en parlant ; c’est d’ailleurs ce qui m’avait poussé à écrire sur ma routine de lecture à voix haute le soir. Dix minutes de discussion sur un article valent souvent mieux qu’une liste de mots à apprendre.

Ce que ce barème ne mesure pas

Deux points de langue ne disent rien du raisonnement mathématique ou historique lui-même. Ils évaluent une copie, un jour donné, et pas ce que votre enfant sait faire à l’oral ou en classe. Il vaut la peine de le rappeler à un élève anxieux : le reste du barème porte toujours sur la discipline.

Ils ne remplacent pas non plus l’apprentissage. Dans un article du 18 septembre, le Café pédagogique fait valoir qu’un examen plus exigeant ne rend pas à lui seul les élèves meilleurs à l’écrit, puisque c’est pendant l’année, en classe, que l’on apprend à écrire. On peut partager ou non cette lecture ; elle rappelle que la préparation se joue d’ici juin, devoir après devoir, et pas la veille de l’épreuve.

Enfin, le texte prévoit le cas des élèves qui ont un aménagement d’examen : selon service-public, « la situation particulière des candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations en lien avec les normes orthographiques et syntaxiques est prise en compte dans l’évaluation ». Si votre enfant bénéficie d’un tel aménagement, la bonne personne à qui demander comment il s’appliquera reste le professeur principal ou l’équipe du collège ou du lycée.

Questions fréquentes

Le barème de maîtrise de la langue s’applique-t-il en maths au brevet 2027 ?

Oui. Selon le portail pédagogique de l’académie de Montpellier, l’exigence vaut dans toutes les disciplines, et au moins deux points de chaque épreuve y sont consacrés à partir de la session 2027.

Mon enfant peut-il avoir zéro à cause de l’orthographe ?

Non. Il s’agit d’au moins deux points intégrés au barème de chaque épreuve. La règle plus sévère, qui interdit la moyenne, ne concerne que les épreuves à dimension rédactionnelle majeure et une copie défaillante sur l’ensemble des aspects de la langue.

Les élèves qui ont un aménagement d’examen sont-ils pénalisés ?

Le texte prévoit que la situation des candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations liés à l’orthographe et à la syntaxe est prise en compte dans l’évaluation. Le détail est à demander à l’établissement.

À partir de quand ces deux points comptent-ils ?

À partir de la session 2027 du brevet, du baccalauréat et des diplômes professionnels, donc pour les élèves de troisième et de terminale de l’année 2026-2027.

Sources

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