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  • Réutiliser les créations assistées par IA : la fin d’un tabou dans l’Éducation nationale ?

    Pendant des décennies, emprunter une fiche de cours à un collègue pouvait provoquer un léger malaise. Avec l’IA, cette gêne n’a plus lieu d’être.

    Le syndrome de la propriété pédagogique

    Soyons honnêtes : combien d’enseignants ont déjà ressenti une pointe de culpabilité en reprenant intégralement le contrôle d’un collègue ? Ou une certaine fierté mal placée à refuser de partager leurs propres créations, fruit de longues heures de travail ?

    Cette réticence au partage est profondément humaine. Quand on passe une soirée entière à concevoir un quiz original ou à dessiner une frise chronologique, on y met une part de soi. Le document devient notre création, presque intime. Le reprendre sans adaptation, c’était comme porter le costume d’un autre.

    L’IA change la donne : vers une création « collective par nature »

    Avec les outils d’intelligence artificielle, la notion même de création originale se transforme. Quand vous demandez à Mon Prof Augmenté de générer une illustration sur la Révolution française ou un quiz sur les fractions, vous n’êtes plus l’unique auteur. Vous êtes le chef d’orchestre d’une collaboration homme-machine.

    Cette nuance change tout psychologiquement.

    Le résultat n’est plus « votre bébé » au sens traditionnel. C’est une production hybride, née d’une instruction (votre prompt) et d’une génération automatisée. Dès lors, pourquoi hésiter à la partager ? Et surtout, pourquoi hésiter à reprendre celle d’un collègue qui a simplement formulé une demande différente à la même IA ?

    Les bénéfices concrets de la mutualisation

    Quand la barrière psychologique tombe, les avantages pratiques deviennent évidents.

    Le premier est le gain de temps considérable. Un professeur d’histoire qui découvre qu’un collègue a déjà généré dix illustrations sur la Première Guerre mondiale n’a plus besoin de reformuler les mêmes prompts. Il récupère, adapte si nécessaire, et consacre son énergie à ce qui compte vraiment : l’accompagnement de ses élèves.

    Le deuxième bénéfice concerne la qualité. En partageant les créations qui fonctionnent, on fait émerger collectivement les meilleures pratiques. Tel quiz généré avec Mon Prof Augmenté s’avère particulièrement efficace pour identifier les lacunes des élèves ? Il mérite d’être diffusé, amélioré, décliné.

    Le troisième avantage est écologique, et on en parle trop peu. Chaque génération d’image ou de texte par une IA consomme de l’énergie : des serveurs tournent, des GPU chauffent, des climatisations refroidissent des data centers. Quand 10 000 enseignants génèrent chacun leur propre illustration du système solaire au lieu de partager les meilleures versions existantes, l’empreinte carbone se multiplie inutilement. Réutiliser une création IA plutôt que la régénérer, c’est un geste pour la planète que l’on peut poser sans effort.

    Enfin, la mutualisation réduit les inégalités entre établissements. Un enseignant débutant dans un collège rural accède aux mêmes ressources qu’un professeur chevronné d’un lycée parisien, à condition que la culture du partage s’installe.

    Mon Prof Augmenté : conçu pour le partage

    L’application Mon Prof Augmenté intègre cette philosophie dès sa conception. Les illustrations générées pour vos cours, les quiz créés en quelques clics : tout est pensé pour être facilement exportable, modifiable et transmissible.

    Vous avez créé un support visuel sur le cycle de l’eau qui plaît à vos CM2 ? Votre collègue de l’école voisine peut l’utiliser tel quel ou l’adapter à sa progression. Sans gêne, sans dette morale, sans sentiment d’imposture.

    Car c’est bien là l’essentiel : avec l’IA comme co-créatrice, personne ne « vole » le travail de personne. On mutualise des productions dont l’originalité réside davantage dans l’usage pédagogique que dans la création elle-même.

    Dépasser la culture du « chacun dans sa classe »

    L’Éducation nationale a longtemps fonctionné sur un modèle artisanal où chaque enseignant réinventait la roue dans son coin. Les emplois du temps ne favorisaient pas la collaboration, et la reconnaissance professionnelle valorisait l’innovation individuelle plutôt que l’intelligence collective.

    L’IA nous offre l’occasion de changer de paradigme. Non pas en uniformisant les pratiques, mais en libérant du temps et de l’énergie pour ce qui ne peut pas être automatisé : la relation humaine, l’adaptation au contexte de chaque classe, l’accompagnement personnalisé.

    Alors la prochaine fois qu’un collègue vous proposera ses quiz générés par IA, acceptez sans complexe. Et n’hésitez pas à partager les vôtres. Ce n’est plus de la copie, c’est de la collaboration.


    Mon Prof Augmenté permet de générer illustrations et quiz en quelques secondes. Découvrir l’application →

  • Mon Prof Augmenté est-il gratuit ?

    Mon Prof Augmenté est-il gratuit ?

    Dernière mise à jour : janvier 2026


    En bref : Oui, l’application peut être utilisée gratuitement — pour partager des images pédagogiques entre enseignants, importer vos propres visuels, ou diffuser des ressources à vos élèves via le web. En revanche, générer de nouvelles images avec l’IA intégrée a un coût réel que je détaille ici en toute transparence. Cet article sera mis à jour chaque trimestre.


    Ce qui est gratuit

    Mon Prof Augmenté repose sur un principe de mutualisation : quand un enseignant génère ou importe une image pédagogique, il peut la partager avec l’ensemble de la communauté. Cette logique permet à chacun de bénéficier du travail collectif sans coût supplémentaire.

    Sont gratuits :

    • La consultation et le téléchargement des images partagées par d’autres enseignants
    • L’import de vos propres images pédagogiques (générées par une IA gratuite, un autre abonnement IA que vous possédez déjà, ou créées manuellement)
    • Le partage de vos créations avec vos collègues du même niveau
    • L’accès élève via le web aux ressources partagées par leurs enseignants
    • La navigation dans la bibliothèque par niveau scolaire et discipline

    Ce qui a un coût

    Derrière chaque image générée par l’IA intégrée à l’application, il y a une facture. Voici la réalité des coûts que je supporte :

    Coût de génération d’une image IA

    J’utilise Nano Banana Pro (Gemini 3 Pro Image de Google), l’un des meilleurs modèles pour le rendu de texte dans les images — essentiel pour des supports pédagogiques lisibles.

    Les 8 dernières images générées en janvier 2026 (par des utilisateurs en période d’essai gratuit) :

    GénérationTokensCoût
    Image 1260 → 2 202$0,148
    Image 2275 → 2 265$0,149
    Image 3257 → 2 191$0,148
    Image 4265 → 2 770$0,155
    Image 5264 → 2 112$0,147
    Image 6264 → 2 559$0,152
    Image 7265 → 2 501$0,152
    Image 8260 → 2 783$0,155

    Moyenne : $0,15 par image, soit environ 0,14 €.

    Un utilisateur actif qui génère 2 images par semaine représente donc un coût d’environ 1,20 € par mois en génération IA seule.

    L’abonnement et sa répartition

    L’abonnement est proposé à 1 € TTC par semaine, avec une période d’essai gratuite d’une semaine. Voici comment se répartit chaque euro :

    ÉlémentMontant
    Prix TTC payé1,00 €
    TVA (20%) reversée à l’État0,167 €
    Prix HT0,833 €
    Commission Apple (30% du HT)0,25 €
    Revenu net pour Mon Prof Augmenté0,583 €

    Sur chaque euro d’abonnement, il me reste donc 58 centimes pour financer le développement, l’hébergement et les coûts de génération IA.

    La réalité de la semaine d’essai

    J’ai choisi de proposer une semaine d’essai gratuite pour que chaque enseignant puisse découvrir la puissance réelle de l’outil avant de s’engager. En pratique, une majorité d’utilisateurs profite de cette semaine — pendant laquelle je supporte les coûts de génération — puis continue d’utiliser uniquement les fonctions gratuites de l’application (consultation, import, partage).

    C’est un choix parfaitement légitime, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai conçu l’application avec un socle gratuit fonctionnel. Mais il est important de comprendre que chaque semaine d’essai me coûte en génération IA sans générer de revenu. Pour chaque semaine gratuite consommée, il faut au moins une semaine payante consommée pour équilibrer ne serait-ce que les seuls coûts de génération d’image. A date, 95% des semaines sont gratuites (pour les utilisateurs).

    Transparence financière complète

    Mon Prof Augmenté est un projet que je développe et maintiens seul. Voici l’historique complet des coûts et revenus depuis le début.

    Investissement initial (août – décembre 2025)

    PosteDétailMontant
    Développement95 jours × 800 €/jour*76 000 €
    Marketing2 jours × 800 €/jour*1 600 €
    Total investissement77 600 €

    * Le TJM de 800 € correspond au coût de marché d’un développeur mobile senior (15+ ans d’expérience) via les intermédiaires type ESN – qui gèrent un ingénieur d’affaires et une structure. Pour être transparent : je n’ai jamais facturé ce tarif dans ma carrière de freelance, mais c’est la valorisation réelle de ce type de compétence sur le marché.

    Coûts récurrents mensuels

    PosteMontant
    Hébergement (serveurs, base de données)60 €/mois
    Génération IAVariable selon usage
    Frais App Store (compte développeur)8,25 €/mois (99 €/an)

    Bilan mois par mois

    MoisDéveloppementHostingMarketingRecettesSolde cumulé
    Août 202515 200 €60 €0 €-15 260 €
    Sept 202515 200 €60 €0 €-30 520 €
    Oct 202515 200 €60 €0 €-45 780 €
    Nov 202515 200 €60 €0 €-61 040 €
    Déc 202515 200 €60 €1 600 €0 €-77 900 €
    Janv 202660 €0 €-77 960 €

    L’application est disponible sur l’App Store depuis fin décembre 2025. Les premiers abonnements (hors essais gratuits) ne sont pas encore comptabilisés.

    Pourquoi cette transparence ?

    Je crois que les enseignants méritent de comprendre comment fonctionnent les outils qu’ils utilisent — y compris sur le plan économique. Trop de services « gratuits » cachent leur modèle réel (publicité, revente de données, dégradation progressive du service), et trop de services choisis par appel d’offres ont au contraire des coûts pharaoniques comparativement à l’usage.

    Mon approche est différente :

    • Pas de publicité dans l’application
    • Pas de revente de données : vos créations vous appartiennent
    • Un modèle basé sur le partage : plus les enseignants partagent, plus le coût par utilisateur diminue, et plus le bénéfice pédagogique par utilisateur augmente
    • Un modèle à l’usage, et non pas un contrat pluriannuel à 500 millions d’Euros (ou largement plus) avec l’Etat et un usage, des problèmes d’usage dont je me fiche une fois le contrat signé (cas des logiciels pédagogiques imposés dans leur immense majorité)

    Le chemin vers l’équilibre financier sera long. Mais je préfère construire un outil utile et pérenne plutôt qu’un service qui disparaîtra faute de modèle viable. Le modèle de la souscription par école et par élève (certes pas adapté à l’organisation de l’Education Nationale) est le plus sain pour tous.

    Et demain ? L’IA locale comme horizon

    À long terme, mon objectif est de réduire au maximum la dépendance aux API cloud en utilisant l’IA locale, directement sur l’appareil.

    À l’heure actuelle, seuls les appareils Apple (iPhone, iPad, Mac avec Apple Silicon) disposent de l’infrastructure matérielle et logicielle pour faire tourner des modèles d’IA localement de manière performante. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Mon Prof Augmenté est d’abord développé sur iOS.

    Cependant, la génération d’images pédagogiques de qualité nécessite encore des modèles trop lourds pour être exécutés localement. Les puces actuelles ne permettent pas (encore) de générer des images avec du texte lisible et des schémas précis sans passer par le cloud.

    Je suis cette évolution de près. Le jour où l’IA locale permettra de générer des images pédagogiques de qualité suffisante, le coût de génération tombera à zéro — et l’abonnement n’aura plus lieu d’être pour cette fonction.

    Comment soutenir le projet ?

    Si Mon Prof Augmenté vous est utile, voici comment vous pouvez contribuer à sa pérennité :

    1. Souscrire un abonnement — chaque euro compte pour équilibrer les coûts et favoriser son développement en co-création
    2. Partager vos créations — plus la bibliothèque est riche, plus le coût par utilisateur diminue, et plus le bénéfice pédagogique par utilisateur augmente
    3. Parler de l’application à vos collègues — la croissance de la communauté est le meilleur levier
    4. Proposer vos idées sur idees.monprofaugmente.fr — vos suggestions améliorent le produit pour tous

    Prochaine mise à jour : avril 2026

  • AI Slop : Quand l’Intelligence Artificielle Envahit l’École avec du Contenu Médiocre

    Le « slop » a été élu mot de l’année 2025 par Merriam-Webster. Ce terme désigne un phénomène qui menace directement la qualité de l’enseignement et des apprentissages. En tant qu’enseignant, voici ce que vous devez savoir pour protéger vos élèves — et votre métier.


    Qu’est-ce que l’AI slop (ou IA slop) ?

    Le terme « slop » signifie littéralement « bouillie » ou « lavasse » en anglais. Appliqué à l’intelligence artificielle, l’AI slop désigne du contenu généré par IA de manière massive, sans effort de vérification, sans valeur ajoutée réelle, et souvent truffé d’erreurs.

    Concrètement, l’IA slop se caractérise par :

    • Une production à la chaîne privilégiant la quantité sur la qualité
    • Un manque de vérification des informations générées
    • Des erreurs factuelles présentées avec assurance
    • Un style fade et générique reconnaissable entre mille
    • Une absence totale de pensée critique ou de nuance

    Le problème dans l’éducation

    L’invasion des ressources pédagogiques

    Une étude publiée en novembre 2025 dans le JMIR Medical Education a révélé que les vidéos éducatives générées par IA (le fameux « slop ») envahissent YouTube et TikTok, entrant en concurrence directe avec les contenus pédagogiques de qualité. Ces vidéos présentent des caractéristiques problématiques : informations incorrectes, simplifications abusives, et absence de contexte pédagogique.

    Le phénomène ne se limite pas aux vidéos. Des plateformes scientifiques reconnues comme ScienceDirect affichent désormais des définitions générées par IA qui déforment les concepts académiques établis.

    Les élèves premiers touchés

    Selon une étude de la National Education Association, 72 % des lycéens américains utilisent l’IA pour compléter leurs devoirs sans réellement comprendre la matière. En France, les chiffres sont tout aussi préoccupants : 86 % des étudiants utilisent l’IA dans le cadre de leurs études, et 51 % déclarent avoir du mal à s’en passer.

    Le risque ? Des élèves qui rendent des travaux où apparaissent des phrases révélatrices comme « Voulez-vous que je formate ceci sous forme de tableau ? » — oubliées dans le copier-coller depuis ChatGPT. Ou qui prononcent avec assurance des termes qu’ils ne comprennent pas, trahis par leur incapacité à les définir autrement.

    Un révélateur des failles du système

    Comme le souligne Tiffany Noel, chercheuse en éducation à SUNY Buffalo : « L’IA n’a pas corrompu l’apprentissage en profondeur. Elle a révélé que de nombreux devoirs ne demandaient jamais de pensée critique — juste de la performance. L’IA est simplement un acteur plus rapide ; le problème, c’est le script. »

    L’IA slop agit comme un miroir grossissant des faiblesses de notre système éducatif : des évaluations qui récompensent la forme plutôt que le fond, des consignes qui peuvent être satisfaites mécaniquement.

    Comment reconnaître l’AI slop dans les copies de vos élèves

    Voici les signaux d’alerte à surveiller :

    Dans le style :

    • Formulations génériques et impersonnelles
    • Transitions artificielles (« De plus », « Par ailleurs », « Il convient de noter »)
    • Absence de voix personnelle ou d’exemples vécus
    • Niveau de langue soudainement différent du niveau habituel de l’élève

    Dans le contenu :

    • Informations correctes mais superficielles
    • Absence d’opinion personnelle ou de prise de position
    • Réponses qui « tournent autour » du sujet sans y répondre directement
    • Erreurs factuelles présentées avec grande assurance

    Les traces techniques :

    • Phrases ou fragments de code résiduels
    • Références à des fonctionnalités IA (« Je peux vous aider à… »)
    • Formatage inhabituel (listes à puces systématiques, titres multiples)
    • Incohérences entre différentes parties du devoir

    Ce que dit le cadre officiel français

    Le ministère de l’Éducation nationale a publié en juin 2025 un cadre d’usage de l’IA en éducation. Ce document établit des principes clairs :

    • Transparence obligatoire : tout recours à l’IA générative pour réaliser un devoir scolaire, sans autorisation explicite et sans travail personnel d’appropriation, est considéré comme une fraude
    • Usage encadré par niveau : au collège (à partir de la 4e), utilisation possible uniquement sous supervision ; au lycée, utilisation autonome dans un cadre explicitement défini par l’enseignant
    • Formation des élèves : parcours Pix obligatoire en 4e et 2de sur l’IA

    Mais 80 % des enseignants français n’ont reçu aucune formation à l’IA — l’un des taux les plus élevés en Europe.

    Stratégies pédagogiques pour contrer l’IA slop

    Repenser vos évaluations

    Privilégiez les formats que l’IA peine à reproduire :

    • Évaluations orales : demandez aux élèves d’expliquer leur raisonnement, de répondre à des questions de suivi
    • Travaux en classe : productions réalisées sur place, sans accès aux outils
    • Processus documenté : demandez les brouillons, les étapes intermédiaires
    • Lien avec le vécu : intégrez des éléments personnels, des exemples locaux, des références aux cours précédents

    Intégrer l’IA plutôt que la combattre

    Plutôt que de jouer au chat et à la souris avec les détecteurs (qui sont d’ailleurs peu fiables), transformez l’IA en outil pédagogique :

    • Demandez aux élèves de critiquer une réponse générée par IA
    • Utilisez l’IA comme point de départ d’une réflexion, pas comme conclusion
    • Enseignez le prompting efficace et l’esprit critique face aux résultats
    • Faites comparer une production IA et une production humaine experte

    Développer l’esprit critique

    L’objectif n’est pas d’interdire l’IA mais d’apprendre à l’utiliser intelligemment :

    • Montrez des exemples d’AI slop et analysez pourquoi c’est problématique
    • Entraînez les élèves à vérifier les sources citées par l’IA (elles sont souvent inventées, des outils comme Perplexity citent systématiquement leurs sources contrairement à ChatGPT)
    • Discutez des biais présents dans les contenus générés
    • Valorisez l’originalité et la prise de risque intellectuelle

    Le vrai enjeu : préserver la valeur de l’apprentissage

    Le collectif d’enseignants qui a contribué au cadre d’usage français résume bien l’enjeu : « Il convient de former les élèves à l’IA via un enseignement dédié et, pour les autres matières, de leur faire comprendre la nécessité de ne pas céder à la facilité qu’elle leur offre. Pour qu’ils en soient convaincus, nous devons réinventer une éducation qui valorise la joie de créer, le goût de l’effort et l’importance de l’erreur. »

    L’AI slop — cette IA slop qui envahit nos espaces numériques — n’est pas qu’un problème technique. C’est un défi pédagogique fondamental qui nous oblige à repenser ce que nous enseignons, comment nous l’évaluons, et pourquoi nous le faisons.


    En résumé

    • L’AI slop (ou IA slop) désigne du contenu IA de masse, médiocre et non vérifié
    • Ce phénomène pollue les ressources éducatives en ligne et les travaux d’élèves
    • La France a mis en place un cadre d’usage officiel, mais la formation des enseignants reste insuffisante
    • La solution n’est pas l’interdiction mais l’éducation critique et l’adaptation des pratiques pédagogiques
    • L’enjeu ultime : préserver la valeur de l’apprentissage authentique face à la facilité apparente de l’IA

    Cet article fait partie de notre série sur l’IA en éducation. Retrouvez nos autres ressources pour intégrer intelligemment l’IA dans votre pratique enseignante.

  • IA en éducation : le piège de l’IA au rabais que l’Éducation nationale doit éviter

    Alors que le ministère promet une IA souveraine pour les enseignants d’ici 2026, la question des coûts de génération risque de créer une éducation à deux vitesses. Décryptage d’un enjeu méconnu mais crucial.


    Le cadre d’usage de l’IA en éducation publié en juin 2025 marque une étape importante : l’intelligence artificielle entre officiellement dans nos classes. Avec 20 millions d’euros promis par France 2030 et un assistant IA pour les enseignants annoncé pour la rentrée 2026, on pourrait croire que tout est sur les rails. Pourtant, un sujet reste dangereusement absent du débat: le coût réel de fonctionnement de ces outils.

    L’IA n’est pas gratuite : la vérité derrière les interfaces

    Quand vous utilisez ChatGPT gratuitement ou testez Gemini, vous bénéficiez de modèles « bridés » ou financés par vos données. Les versions professionnelles, celles qui produisent des résultats vraiment exploitables en classe, ont un coût. Et ce coût est loin d’être négligeable.

    Prenons un exemple concret : générer une seule image avec Nano Banana Pro (le modèle de Google basé sur Gemini 3 Pro Image) coûte entre 0,12 € et 0,15 € en résolution standard, et jusqu’à 0,24 € en 4K. Imaginez un professeur de SVT qui souhaite illustrer un cours sur la cellule avec 20 schémas personnalisés : la facture dépasse déjà les 3 € pour une seule préparation de cours.

    Tableau comparatif des coûts de génération d’images IA (janvier 2026)

    OutilCoût par imageQualitéObservation
    Nano Banana Pro (Google)0,12 – 0,24 €Excellente, rendu texte précisIdéal pour supports pédagogiques
    DALL-E 3 (OpenAI)0,04 – 0,12 €Très bonneStandard jusqu’à 0,04 €, HD jusqu’à 0,12 €
    GPT Image 10,01 – 0,17 €Variable selon qualitéBasse: 0,01 €, Haute: 0,17 €
    Midjourney~0,05 € (abonnement)Artistique supérieure10$/mois pour ~200 images
    Stable Diffusion (auto-hébergé)~0,01 €BonneNécessite infrastructure technique

    Pour le texte et l’assistance pédagogique, les coûts s’accumulent également. Un modèle performant comme GPT-4 ou Claude coûte environ 0,01 à 0,03 € par requête complexe. Un enseignant actif peut facilement générer 50 à 100 requêtes par semaine pour préparer ses cours, différencier ses exercices et corriger des travaux.

    Résultat : entre 20 € et 50 € par mois et par enseignant pour un usage réellement pédagogique de l’IA.

    Le risque d’une éducation IA à deux vitesses

    Face à ces coûts, deux scénarios se profilent, et aucun n’est satisfaisant :

    Scénario 1 : L’État bride l’outil pour maîtriser les coûts

    Pour respecter son budget, l’Éducation nationale pourrait opter pour des modèles moins performants ou limiter drastiquement le nombre de requêtes par enseignant. C’est déjà ce que font la plupart des outils « gratuits » : quelques générations basse résolution par jour, temps d’attente rallongés, fonctionnalités premium inaccessibles.

    Le rapport de l’IGÉSR de juin 2025 pointe d’ailleurs un manque de coordination dans le déploiement des outils numériques. Sans vision claire sur le financement récurrent de l’IA, on risque de reproduire les erreurs du passé : des équipements sous-utilisés faute de moyens pour les faire fonctionner correctement.

    Scénario 2 : Les établissements ou les enseignants paient la différence

    Dans les établissements les mieux dotés ou les plus connectés, des solutions alternatives émergent déjà : licences Midjourney mutualisées, abonnements ChatGPT Plus partagés, API configurées par des enseignants technophiles. Pendant ce temps, d’autres collègues doivent se contenter des versions gratuites limitées.

    Cette situation crée une fracture numérique nouvelle qui ne dépend plus seulement de l’équipement matériel, mais de la capacité à financer l’IA au quotidien.

    Ce que le cadre d’usage ne dit pas

    Le cadre d’usage de l’IA en éducation publié par le ministère recommande de « privilégier les solutions libres » et d’adopter un « usage frugal de l’IA ». Ces préconisations sont louables sur le plan environnemental (une requête IA consomme 10 fois plus d’énergie qu’une recherche classique), mais elles éludent la question centrale : avec quels moyens ?

    Le document reconnaît que les enseignants ont besoin d’outils pour :

    • Préparer leurs cours et adapter les contenus
    • Créer des exercices différenciés
    • Fournir des retours personnalisés aux élèves
    • Automatiser certaines tâches administratives

    Chacune de ces fonctions a un coût de fonctionnement. Les 20 millions d’euros annoncés couvriront le développement initial de l’IA souveraine, mais qu’en sera-t-il des coûts récurrents d’utilisation par plus d’un million de personnels ?

    Des pistes pour une IA éducative accessible

    Pour éviter l’écueil de l’IA au rabais, plusieurs approches méritent d’être explorées :

    1. Le partage entre enseignants : générer une fois, utiliser partout

    C’est peut-être la solution la plus évidente, et pourtant la moins exploitée : pourquoi chaque enseignant de 6e devrait-il générer individuellement les mêmes illustrations sur la photosynthèse ?

    Le principe est simple : un enseignant génère un contenu IA de qualité (image, exercice différencié, fiche de révision), le partage avec ses collègues du même niveau, et l’ensemble de la communauté en bénéficie. Le coût de génération est divisé par le nombre d’utilisateurs, et l’empreinte carbone avec.

    Exemple concret : Une image pédagogique sur le cycle de l’eau générée avec Nano Banana Pro coûte 0,15 €. Si elle est partagée entre 100 enseignants de CM1/CM2, le coût par utilisateur tombe à 0,0015 €. Multipliez par les milliers de ressources nécessaires sur une année scolaire, et l’économie devient massive.

    Cette logique de mutualisation par classe d’âge répond à un double enjeu :

    • Économique : amortir les coûts de génération sur une large base d’utilisateurs
    • Écologique : éviter de solliciter les serveurs IA pour des contenus quasi-identiques

    Mon Prof Augmenté : le partage pensé dès la conception

    C’est précisément cette philosophie qui a guidé le développement de l’application Mon Prof Augmenté dès sa version 1.0. Plutôt que de laisser chaque enseignant générer ses propres contenus dans son coin, la plateforme intègre nativement un système de partage par niveau scolaire et par discipline.

    Quand un professeur de mathématiques de 4e crée une série d’exercices sur les fractions avec l’IA, il peut la publier dans la bibliothèque commune. Ses collègues de 4e y accèdent instantanément, sans nouvelle génération, sans nouveau coût, sans nouvel impact environnemental.

    Cette approche collaborative transforme chaque enseignant en contributeur d’une ressource collective. Plus la communauté grandit, plus le coût unitaire par ressource diminue, créant un cercle vertueux où qualité et accessibilité vont de pair.

    Le modèle du partage n’est pas nouveau dans l’Éducation nationale — pensez aux manuels, aux banques d’exercices académiques, aux ressources Éduscol. Mais appliqué à l’IA générative, il prend une dimension nouvelle : chaque génération partagée est une génération économisée.

    2. Mutualiser les achats à l’échelle nationale

    Plutôt que de laisser chaque académie négocier ses propres licences, un marché public national permettrait d’obtenir des tarifs compétitifs. À titre d’exemple, certains fournisseurs proposent des réductions de 30 à 70 % pour les volumes importants.

    3. Investir dans l’infrastructure souveraine

    Les modèles open source comme Mistral (français) ou LLaMA permettent d’héberger l’IA sur des serveurs nationaux. Le coût par requête chute alors drastiquement, même si l’investissement initial est conséquent. C’est d’ailleurs la direction suggérée par le projet d’IA souveraine annoncé pour 2026.

    4. Former les enseignants à l’optimisation

    Un prompt bien formulé réduit le nombre de requêtes nécessaires. Des techniques comme le « prompt chaining » ou l’utilisation de templates peuvent diviser par 5 le coût d’une tâche. Encore faut-il que cette dimension soit intégrée aux formations prévues.

    5. Définir un « panier de services IA » minimum

    Comme pour les manuels scolaires, l’État pourrait garantir un accès de base à des outils IA performants pour tous les enseignants, quitte à laisser les établissements enrichir ce socle selon leurs moyens.

    Ce qui est en jeu

    L’inspection générale note que moins de 20 % des enseignants utilisent régulièrement l’IA, contre 86 % des élèves. Cet écart ne se résoudra pas avec des outils au rabais qui découragent les bonnes volontés. Pour que l’IA tienne ses promesses pédagogiques, il faut accepter qu’elle a un coût de fonctionnement, comme le chauffage, l’électricité ou les photocopies.

    L’enjeu dépasse la simple question budgétaire. C’est la cohérence même du projet éducatif qui est en jeu : peut-on demander aux élèves de développer un esprit critique face à l’IA si leurs enseignants n’ont accès qu’à des versions dégradées de ces outils ?


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    1. ÊtreProf – Le Podcast

    🎯 Pour qui : Tous les enseignants, de la maternelle au lycée 📅 Fréquence : Tous les mercredis

    Porté par la plateforme ÊtreProf et animé par Nathalie Dreyfus, ce podcast vous ouvre les portes des classes de vos collègues. Chaque épisode est une immersion dans le quotidien d’un enseignant ou d’une enseignante qui partage ses pratiques, ses réussites et ses questionnements.

    Ce qui fait la force d’ÊtreProf, c’est l’authenticité des témoignages. On y entend le réel des classes, « brut, sans fard, fait de perfections et d’imperfections ». Des thématiques variées sont abordées : gestion de classe, plans de travail, attention des élèves, burn-out, enseignement explicite…

    💡 Notre coup de cœur : Les épisodes « hors-série » avec des experts comme Caroline Peiffer sur la gestion des élèves agités.

    🔗 Où l’écouter : Spotify | Apple Podcasts | etreprof.fr


    2. Extra Classe – Réseau Canopé

    🎯 Pour qui : Tous les acteurs de la communauté éducative 📅 Fréquence : Tous les mercredis (plusieurs formats)

    Produit par Réseau Canopé, l’opérateur public de formation des enseignants, Extra Classe est LA référence institutionnelle du podcast éducatif français. Avec plus de 300 épisodes au compteur et plus de 100 000 écoutes, c’est un véritable espace d’échanges entre pairs.

    Le podcast propose trois formats complémentaires :

    • Les Énergies scolaires – récits immersifs de 7 minutes
    • Parlons pratiques ! – tables rondes de 20-30 minutes avec experts et acteurs de terrain
    • Entre profs – capsules de 3 minutes pour répondre à vos questions du quotidien

    💡 Les + : Des sketchnotes récapitulatives pour chaque épisode « Entre profs », parfaites pour garder une trace visuelle des conseils.

    🔗 Où l’écouter : extraclasse.reseau-canope.fr | Spotify | Apple Podcasts


    3. Nipédu – Le Pionnier

    🎯 Pour qui : Enseignants intéressés par le numérique éducatif 📅 Fréquence : Bimensuel (épisodes de 1h à 1h30)

    Lancé en mai 2014, Nipédu est le doyen des podcasts éducatifs francophones ! Animé par trois passionnés – Régis Forgione (professeur des écoles), Fabien Hobart (formateur) et Jean-Philippe Maître (conseiller pédagogique) – ce podcast décortique les transformations de l’École à l’ère numérique.

    La ligne éditoriale est résolument constructive et optimiste, tout en laissant place aux coups de griffe comme aux coups de cœur. Intelligence artificielle en éducation, compétences psychosociales, développement professionnel, écriture à l’ère des IA génératives… Nipédu traite les sujets de fond avec rigueur et bonne humeur.

    💡 Le + : Un répondeur pour poser vos questions aux animateurs et influencer le contenu des prochains épisodes !

    🔗 Où l’écouter : nipcast.com | Spotify | Apple Podcasts


    4. Être et Savoir – France Culture

    🎯 Pour qui : Enseignants, parents, et passionnés d’éducation 📅 Fréquence : Hebdomadaire (le mercredi à 14h, 1 heure)

    Animée par la journaliste Louise Tourret sur France Culture, « Être et Savoir » (anciennement « Rue des écoles ») est l’émission de référence sur les questions d’éducation en France. Chaque semaine, un dossier approfondi mêle regards de chercheurs, témoignages de terrain et analyse des politiques éducatives.

    L’émission fait le pont entre la recherche, la vie des idées et l’expérience concrète des acteurs de l’éducation. Laïcité, santé mentale des jeunes, littérature jeunesse, classes de défense, école dehors… Les sujets sont traités avec la rigueur journalistique propre à France Culture.

    💡 Le + : Une émission accessible à tous, pas uniquement aux enseignants. Parfaite pour comprendre les grands enjeux éducatifs actuels.

    🔗 Où l’écouter : radiofrance.fr | Spotify | Apple Podcasts


    5. Kadékol – La Webradio de l’IFÉ

    🎯 Pour qui : Enseignants en quête de ressources issues de la recherche 📅 Fréquence : 4 émissions par mois

    Créée en 2017 par l’Institut français de l’Éducation (IFÉ) à l’ENS de Lyon, Kadékol est le lien idéal entre recherche et terrain. Sa mission : permettre aux professionnels de l’éducation de s’appuyer sur des éclairages scientifiques rigoureux et des exemples de pratiques documentées.

    Quatre formats structurent la programmation :

    • IFÉ Quoi ? – les activités de l’IFÉ
    • Le micro est dans la classe – reportages terrain
    • Ça manque pas d’R – entretiens croisés entre chercheurs
    • Hors-séries – autour d’événements éducatifs

    💡 Le + : Une approche scientifique accessible, parfaite pour ceux qui veulent comprendre le « pourquoi » derrière les pratiques pédagogiques.

    🔗 Où l’écouter : ife.ens-lyon.fr/kadekol | Spotify | Apple Podcasts


    En résumé

    Ces cinq ressources couvrent un large spectre : du témoignage authentique (ÊtreProf) à l’analyse institutionnelle (Extra Classe), du numérique éducatif (Nipédu) à la réflexion sociétale (Être et Savoir), en passant par l’ancrage recherche (Kadékol).

    Notre conseil : abonnez-vous à plusieurs d’entre eux et alternez selon vos besoins du moment. Un trajet en voiture ? Un épisode d’ÊtreProf. Une question pédagogique précise ? « Entre profs » de Canopé. Envie de prendre de la hauteur ? « Être et Savoir » ou « Ça manque pas d’R ».

  • L’IA en classe : assistant pédagogique ou invitation à la paresse ?

    L’intelligence artificielle peut vous faire gagner du temps. Elle peut aussi atrophier vos compétences et celles de vos élèves. Tout dépend de comment vous l’utilisez. Voici comment en faire un allié sans devenir dépendant.


    Il y a un paradoxe au cœur de l’IA générative. Elle nous promet de nous libérer des tâches répétitives pour nous concentrer sur l’essentiel. Mais qu’est-ce qu’on fait vraiment du temps gagné ?

    Soyons honnêtes : souvent, on délègue encore plus. Et puis encore un peu plus. Jusqu’à ce que, sans s’en rendre compte, on ne sache plus faire ce qu’on déléguait.

    C’est ce que Marion Carré, cofondatrice d’Ask Mona et enseignante, appelle « le paradoxe du tapis roulant » dans son essai récent. L’IA nous fait avancer plus vite, mais tous dans la même direction. Et si on transformait ce tapis roulant en tapis de course — un outil qui nous renforce plutôt qu’un système qui nous porte ?

    Le piège de la facilité

    Les réseaux sociaux nous avaient déjà habitués à une forme de paresse intellectuelle — leurs algorithmes sont conçus pour que l’on consulte nos notifications en boucle sans effort. Mais avec l’IA générative, c’est différent. Elle nous facilite réellement la tâche en réalisant certaines actions mieux que nous.

    Et c’est là que le piège se referme.

    Chaque fois que nous déléguons une compétence à une machine, nous en perdons une partie. Les pilotes d’avion le savent bien : l’automatisation des cockpits a créé une « perte de vigilance » qui se traduit par une érosion des compétences de pilotage manuel.

    Pour l’éducation, le risque est double :

    • Pour vous : perdre progressivement la capacité à concevoir des séquences sans aide
    • Pour vos élèves : ne jamais acquérir les compétences que l’IA fait à leur place

    Une étude publiée en 2023 dans Humanities and Social Sciences Communications montre que l’IA rend effectivement les gens plus paresseux intellectuellement. La dépendance croissante à la technologie « minimise notre autonomie en remplaçant nos choix par ses choix ».

    « Ceux qui apprennent à réfléchir feront de l’IA leur meilleur assistant »

    Mais ce discours alarmiste ne doit pas masquer l’autre réalité : bien utilisée, l’IA peut amplifier votre intelligence et celle de vos élèves.

    Comme l’écrit un spécialiste de l’apprentissage : « Ceux qui apprennent à réfléchir feront de l’IA leur meilleur assistant. Ils seront capables de poser les bonnes questions, d’exploiter l’outil pour amplifier leur intelligence, d’aller plus loin et plus vite que jamais. Ceux qui n’auront pas fait cet effort deviendront esclaves de l’IA. Ils la suivront aveuglément, incapables de distinguer le vrai du faux. »

    La clé est là : l’IA ne tue pas la réflexion — c’est l’absence de réflexion qui tue l’usage de l’IA.

    Souvenez-vous de la calculatrice. Avant les années 80, on valorisait la vitesse de calcul mental. Puis la calculatrice s’est généralisée. A-t-on interdit la calculatrice pour préserver nos cerveaux ? Non. On a déplacé l’effort. L’enjeu n’était plus d’aligner des colonnes de chiffres, mais de savoir poser correctement un problème, comprendre quand et comment utiliser l’outil.

    Avec l’IA, nous vivons la même révolution. La question n’est plus « que sait l’élève ? » mais « que fait-il du savoir qu’il a entre les mains ? ».

    Le réseau Canopé : 20 000 enseignants déjà formés

    Face à ces enjeux, l’Éducation nationale ne reste pas les bras croisés. Et l’un des acteurs les plus actifs est le réseau Canopé.

    Depuis décembre 2022, dès l’apparition des IA génératives grand public, Canopé a décidé d’accompagner les enseignants pour comprendre ces technologies qui se sont diffusées très rapidement dans les classes. Résultat : plus de 20 000 enseignants et personnels éducatifs ont déjà été formés.

    Ce que propose Canopé

    Une page ressource complète : reseau-canope.fr/ia-en-classe rassemble podcasts, vidéos, webinaires et formations sur la plateforme CanoTech.

    Des formations gratuites et ouvertes accessibles avec n’importe quelle adresse e-mail — pas besoin d’être dans l’Éducation nationale.

    Un dossier thématique complet qui couvre :

    • Le fonctionnement des différents types d’IA
    • Les enjeux éthiques et les biais à identifier
    • Des usages pédagogiques concrets avec témoignages d’enseignants
    • L’impact sur l’éducation aux médias et à l’information

    Des journées nationales de formation : la troisième édition s’est tenue le 25 juin 2025 dans une soixantaine d’Ateliers Canopé, rassemblant près d’un millier de professionnels. Thème : « De l’individuel au collectif : cohérence et usages partagés des IA génératives en éducation ». La prochaine édition est attendue en 2026.

    Des parcours Pix+ Édu conçus en collaboration avec la DNE, la Dgesco et Pix : capsules en motion design, interviews d’experts, tables rondes, podcasts.

    L’approche Canopé : démystifier sans diaboliser

    Marie-Caroline Missir, directrice générale de Canopé, résume la philosophie : « Notre objectif est de décrire leur fonctionnement grâce à tout ce que nous avons accumulé comme expertise sur le numérique éducatif. Nous sensibilisons aux biais qu’elles peuvent générer, à l’importance d’instaurer une mise à distance, mais nous montrons aussi dans quelles mesures ces IA peuvent être des assistants pédagogiques. »

    L’idée n’est pas de rejeter l’IA, ni de l’adopter aveuglément. C’est de former des enseignants capables de l’utiliser de manière éthique, consciente et raisonnée — et de transmettre cette compétence à leurs élèves.

    Trois principes pour utiliser l’IA sans devenir paresseux

    1. Faire travailler l’IA, pas se faire remplacer par elle

    Le piège classique : demander à l’IA de rédiger une séquence complète, la copier-coller, et passer à autre chose.

    L’approche intelligente : utiliser l’IA comme sparring-partner.

    Exemple concret : plutôt que « Rédige-moi une séquence sur la Révolution française », essayez « Je veux travailler la notion de rupture historique avec mes 4e. Propose-moi 5 angles d’attaque différents avec leurs avantages et inconvénients pédagogiques. »

    Vous gardez le contrôle. Vous faites des choix. Vous exercez votre jugement professionnel. L’IA élargit vos options, elle ne décide pas à votre place.

    2. Évaluer le processus, pas seulement le résultat

    Certains enseignants innovants, comme ceux décrits par Marion Carré, demandent désormais à leurs étudiants de rendre leurs conversations avec ChatGPT en plus de leur travail final. Ce qu’ils évaluent, ce n’est pas l’essai — c’est la qualité du dialogue avec l’IA.

    « Un peu comme en mathématiques, on analyserait la démonstration plus que le résultat final », explique-t-elle. « On forme les étudiants sur comment se servir de l’intelligence artificielle, comment la nourrir avec ses propres idées, pour l’orienter, pour garder vraiment la main sur le rendu final. »

    Ça prend plus de temps à évaluer ? Oui. Mais ça forme des élèves qui savent utiliser l’IA intelligemment, pas des élèves qui savent copier-coller.

    3. Identifier ce que vous voulez préserver

    L’IA peut faire beaucoup de choses. La vraie question est : qu’est-ce que vous ne voulez pas qu’elle fasse à votre place ?

    Pour un enseignant, certaines compétences méritent d’être préservées :

    • La capacité à créer une séquence from scratch
    • Le jugement sur ce qui convient à tel élève, tel groupe
    • L’improvisation face à une situation imprévue
    • La relation humaine qui fait que l’apprentissage fonctionne

    Pour vos élèves, la liste est différente — et c’est à vous de la définir. Un élève de CP qui délègue l’écriture à l’IA n’apprendra jamais à écrire. Un étudiant en master qui utilise l’IA pour structurer sa pensée peut accélérer son travail sans perdre en compétence.

    Le contexte détermine tout.

    L’exposition « Intelligence artificielle » de la Cité des sciences

    Si vous voulez approfondir ces réflexions avec vos élèves, l’exposition « Intelligence artificielle » à la Cité des sciences (ouverte depuis octobre 2025) est une excellente sortie à programmer ce trimestre.

    Son commissaire, Laurent Chicoineau, pose le problème clairement : « Les GAFAM nous font croire que c’est facile. Et l’argument, c’est de jouer sur le plaisir, la paresse, l’oisiveté. C’est un vrai problème parce que cela crée de l’addiction. Plus on l’utilise, plus on a besoin de l’utiliser. »

    L’exposition a donc été conçue pour montrer que l’IA, « ce n’est pas ‘fastoche’ ». Elle invite à garder son esprit critique, à comprendre le fonctionnement des algorithmes, et à ne pas prendre les réponses pour argent comptant.

    Cédric Villani, médaille Fields et auteur du rapport fondateur sur l’IA en France (2018), y intervient pour rappeler que les algorithmes prolongent la pensée humaine — ils ne la remplacent pas.

    Un outil de formation continue, pas un raccourci

    L’erreur serait de voir l’IA comme un moyen de travailler moins. En 2026, c’est une vision de court terme qui vous mettra en difficulté.

    La bonne approche : voir l’IA comme un moyen de travailler différemment. Et potentiellement, mieux.

    Les enseignants qui tireront le meilleur parti de l’IA sont ceux qui :

    • Comprennent ses limites : hallucinations, biais, absence de jugement
    • Gardent une pratique régulière sans IA : pour ne pas perdre leurs compétences de base
    • Forment leurs élèves à l’utiliser intelligemment : plutôt que de l’interdire ou de l’ignorer
    • Restent en veille : les outils évoluent vite, les bonnes pratiques aussi

    Ce que vous pouvez faire dès maintenant

    Se former :

    • Explorez les ressources de Canopé sur reseau-canope.fr/ia-en-classe
    • Suivez le MOOC AI4T « Intelligence artificielle pour et par les enseignants » sur FUN-MOOC
    • Consultez le catalogue de formations CanoTech (accessible toute l’année)

    Expérimenter intelligemment :

    • Choisissez UNE tâche que vous déléguerez à l’IA cette semaine
    • Choisissez UNE tâche que vous refuserez de lui déléguer, quoi qu’il arrive
    • Comparez les résultats

    Impliquer vos élèves :

    • Faites-leur analyser une réponse ChatGPT sur un sujet que vous maîtrisez
    • Demandez-leur d’identifier les erreurs, les approximations, les manques
    • Montrez-leur que l’IA n’est pas infaillible — et qu’ils doivent rester aux commandes

    Le mot de la fin

    L’IA ne nous rendra pas paresseux. C’est nous qui décidons de devenir paresseux en l’utilisant mal.

    Avec l’IA, nous avons le pouvoir de choisir quelles compétences nous voulons cultiver et quelles tâches nous voulons déléguer. À chacun de choisir. Mais ce choix doit être conscient, réfléchi, assumé.

    Comme l’écrit Marion Carré, l’enjeu est de « transformer le tapis roulant en tapis de course : une technologie qui nous renforce, qui stimule notre créativité et notre réflexion, plutôt qu’un outil qui fait tout à notre place et finit par les atrophier. »

    2026 est l’année où l’IA devient incontournable à l’école. Faites-en votre allié, pas votre béquille.


    Ressources

    Réseau Canopé :

    • Page IA en classe : reseau-canope.fr/ia-en-classe
    • Plateforme CanoTech : formations gratuites en ligne
    • Podcast Extra Classe : témoignages d’enseignants

    Lectures :

    • Marion Carré, Le paradoxe du tapis roulant (Éditions Jean-Claude Lattès, 2025)
    • Rapport Villani, Donner un sens à l’intelligence artificielle (2018)
    • Manuel ouvert IA pour les enseignants (Prix MERLOT 2025)

    Formations :

    • MOOC AI4T sur FUN-MOOC
    • Parcours Pix+ Édu
    • Catalogue CanoTech (formations gratuites en continu)
    • Journées nationales IA Canopé (édition 2026 à venir)
  • Enseignants et IA : il est temps de sortir du placard

    Enseignants et IA : il est temps de sortir du placard

    Vous utilisez ChatGPT pour préparer vos cours, mais vous n’osez pas le dire en salle des profs ? Vous n’êtes pas seul. Voici pourquoi cette honte n’a plus lieu d’être — et pourquoi 2026 est l’année pour tourner la page.


    Nous sommes en janvier 2026. Dans huit mois, l’Éducation nationale déploiera sa propre IA souveraine à destination des enseignants. Le cadre d’usage officiel existe depuis juin dernier. Les premières formations ont touché des milliers d’enseignants depuis septembre.

    Et pourtant.

    Pourtant, dans les salles des profs, le tabou persiste. Pendant que 86% de vos élèves utilisent l’IA générative sans aucun complexe, vous n’êtes toujours que 20% à l’intégrer dans votre pratique professionnelle. Et parmi ces 20%, combien l’assument ouvertement ?

    Cette autocensure a un nom : le syndrome de l’imposteur pédagogique. Le sentiment que recourir à l’IA, c’est tricher. Que ça dévalue notre expertise. Que nos collègues nous regarderaient de travers s’ils savaient.

    En 2026, ce syndrome n’a plus aucune raison d’être. Voici pourquoi — et comment en sortir.

    Le paradoxe français : des élèves en avance sur leurs profs

    Les chiffres donnent le vertige. Une étude INRIA de 2024 révélait que 90% des élèves de seconde avaient déjà utilisé l’IA générative pour leurs devoirs. Depuis, le parcours Pix dédié à l’IA est devenu obligatoire pour tous les élèves de 4e et de 2de. Autrement dit : l’institution forme désormais officiellement vos élèves à utiliser l’IA.

    Pendant ce temps, l’adoption par les enseignants reste l’apanage d’early adopters passionnés — et ignorée par le reste du corps enseignant. Sur les 10 000 collèges et lycées français, seuls 300 avaient mis en place un programme d’éducation à l’IA fin 2024.

    Ce décalage crée une situation absurde : vos élèves maîtrisent des outils que vous n’osez pas utiliser. Ils ont été formés par Pix à prompter correctement une IA, pendant que vous passez vos dimanches à rédiger des sujets à la main. Et quand vous essayez discrètement l’IA pour gagner du temps, vous le faites en cachette, comme si c’était honteux.

    En 2026, cette situation devient intenable.

    D’où vient cette honte ?

    Plusieurs facteurs expliquent cette réticence française, et elle n’est pas propre aux enseignants. Selon une étude Coursera, 51% des Français se méfiaient encore de l’IA en 2024 — bien plus que dans d’autres pays européens qui « se posent moins de questions ». Mais chez les enseignants, cette méfiance se double de considérations spécifiques.

    La culture du mérite personnel. Dans notre métier, la préparation des cours est perçue comme un artisanat. Utiliser l’IA, ce serait « tricher », comme si on achetait un gâteau en boulangerie pour la kermesse au lieu de le faire soi-même.

    L’absence historique de cadre officiel. Pendant des années, sans consignes claires de l’institution, beaucoup d’enseignants ont préféré s’abstenir. Mieux vaut ne rien faire que de mal faire. Cette prudence était compréhensible — mais elle n’est plus justifiée.

    La peur du jugement. Les réseaux sociaux regorgent de débats houleux sur l’IA à l’école. Admettre qu’on l’utilise, c’est s’exposer à des critiques : « Vous êtes remplaçable », « Vous faites le travail de vos élèves à leur place », « C’est la fin de la pensée critique ».

    Le syndrome du professeur omniscient. Comment avouer qu’on délègue une partie de notre travail intellectuel à une machine, alors qu’on est censé tout savoir ?

    2025-2026 : le tournant historique

    Si vous avez raté les six derniers mois, voici le résumé : l’Éducation nationale a fait sa révolution IA. Et 2026 va l’accélérer.

    Ce qui s’est passé en 2025

    Février 2025 : Élisabeth Borne annonce des « mesures ambitieuses » pour l’IA en éducation, avec un constat sans appel — la majorité des élèves utilisent l’IA, moins de 20% des profs s’en saisissent. Il est « impératif » de former et accompagner les enseignants.

    Juin 2025 : Publication du cadre d’usage de l’IA en éducation, fruit d’une consultation nationale de cinq mois. Ce document fixe les principes, obligations et repères éthiques pour un usage réfléchi et responsable. Le message est clair : l’usage de l’IA en éducation est autorisé dès lors qu’il respecte le cadre défini — au service des apprentissages, dans le respect du RGPD et des valeurs de l’École.

    Septembre 2025 : Déploiement des modules de formation dans les établissements volontaires. Le parcours Pix IA devient obligatoire pour les élèves de 4e, 2de et 1re année de CAP. Des milliers d’enseignants découvrent officiellement ces outils.

    Décembre 2025 : Renouvellement du partenariat Éducation nationale / CNIL pour renforcer l’éducation au numérique et la protection des données.

    Ce qui arrive en 2026

    Été 2026 : Lancement de l’appel à projets de 20 millions d’euros (France 2030) pour développer l’IA souveraine des enseignants.

    Rentrée 2026-2027 : Mise à disposition de cette IA souveraine, ouverte et évolutive, à l’ensemble des enseignants du primaire et du secondaire. Cet outil permettra de soutenir les enseignants dans la préparation des cours, l’évaluation des élèves, et la gestion pédagogique quotidienne.

    Vous avez bien lu : dans huit mois, vous aurez accès à une IA officielle, validée par l’institution, conçue pour votre métier.

    L’institution ne vous demande plus de bricoler dans votre coin. Elle ne tolère plus simplement votre usage de l’IA. Elle l’encourage activement et investit massivement pour vous équiper.

    Continuer à avoir honte en 2026, c’est refuser de voir que le monde a changé.

    L’alternative souveraine : Mistral et les modèles open source

    « Oui, mais je ne veux pas confier mes données à des entreprises américaines. »

    Cette préoccupation est légitime. Et c’est précisément là que l’écosystème français entre en jeu — un écosystème qui a explosé ces deux dernières années.

    Mistral AI : le champion tricolore devenu géant

    Fondée en 2023 par trois anciens chercheurs de Meta et Google DeepMind, Mistral AI est passée en moins de deux ans du statut de startup prometteuse à celui de géant mondial de l’IA, avec une valorisation dépassant les 14 milliards de dollars fin 2025.

    Sa particularité ? Une approche open source qui permet un déploiement local des modèles, sans dépendance à des serveurs étrangers. Contrairement à OpenAI ou Google qui verrouillent l’accès à leurs technologies, Mistral propose des modèles téléchargeables et modifiables sous licence Apache 2.0.

    Pour l’éducation, c’est un avantage décisif : les données restent sous contrôle, la conformité RGPD est assurée, et l’indépendance technologique préservée. Ce n’est pas un hasard si le cadre officiel recommande explicitement de « privilégier les solutions libres et souveraines comme Mistral ».

    L’écosystème Mistral en 2026

    La famille de modèles s’est considérablement étoffée :

    • Mistral Large 3 (décembre 2025) : le modèle phare, capable de rivaliser avec les meilleurs mondiaux
    • Ministral 3 : des modèles compacts qui tournent même sur un ordinateur portable
    • Magistral : des modèles de raisonnement pour les tâches complexes
    • Le Chat : l’interface grand public, gratuite et sans inscription

    Cette diversité permet de choisir l’outil adapté à chaque usage — du simple brainstorming à l’analyse de copies.

    Le Chat : votre assistant gratuit et immédiat

    L’interface Le Chat (chat.mistral.ai) vous permet d’accéder gratuitement aux modèles Mistral, sans création de compte. Vous pouvez y tester l’IA immédiatement, en français (évidemment), pour :

    • Générer des idées d’activités pédagogiques
    • Reformuler des consignes pour les adapter à différents niveaux
    • Créer des quiz ou des exercices interactifs
    • Résumer des textes longs pour en extraire l’essentiel
    • Préparer des plans de cours différenciés

    Contrairement à ChatGPT, pas de tracking, pas de monétisation de vos données, pas de dépendance à un acteur américain.

    L’enseignement supérieur a déjà basculé

    Si vous doutez encore de la légitimité d’utiliser Mistral, regardez ce qui se passe dans le supérieur.

    35 universités françaises ont lancé une alliance avec Mistral AI pour déployer l’IA dans l’enseignement. Depuis la rentrée 2025, 21 établissements pilotes expérimentent un tuteur virtuel basé sur Mistral, avec plus de 3 000 utilisateurs.

    L’ESSEC a signé un partenariat stratégique avec Mistral en mai 2025, déployant Le Chat Entreprise pour ses chercheurs, enseignants et étudiants.

    Le CNRS lui-même est partenaire. Philippe Baptiste, son président, parle d’une « étape décisive pour construire, avec et pour les universités, des outils innovants, souverains et adaptés aux besoins de la communauté universitaire. »

    Quand le CNRS, l’ESSEC et 35 universités assument publiquement leur usage de l’IA, l’argument de la honte ne tient plus.

    Les outils institutionnels à connaître

    Voici les solutions que vous pouvez utiliser sans aucune culpabilité — elles sont recommandées ou développées par l’institution :

    • Le Chat de Mistral : assistant généraliste gratuit et sans inscription (chat.mistral.ai)
    • Les outils P2IA : Lalilo, Adaptiv’Math, Mathia pour le cycle 2 ; nouveaux outils pour le cycle 3 en expérimentation depuis janvier 2026
    • La Suite Numérique de l’État : elle intègre désormais un assistant IA basé sur Mistral, accessible aux agents publics
    • CARAMEL : développé par deux enseignants et hébergé sur les serveurs de l’Éducation nationale
    • Apps.education.fr : plusieurs outils IA conformes RGPD y sont hébergés

    Recadrer la perception : l’IA comme amplificateur, pas comme béquille

    Le cœur du problème est là : nous confondons utiliser l’IA et être remplacé par l’IA.

    Personne ne reproche à un menuisier d’utiliser une perceuse électrique plutôt qu’une chignole. Personne ne dit à un médecin qu’il « triche » en utilisant un scanner plutôt que ses seuls doigts pour poser un diagnostic.

    L’IA est un outil. Elle amplifie votre expertise, elle ne la remplace pas.

    Et l’institution l’a dit clairement : la machine n’a ni vocation à se substituer à la réflexion pédagogique humaine, ni à dispenser d’enseigner l’esprit critique ou le raisonnement. Les professeurs restent responsables du contenu.

    Ce que l’IA fait bien (et que vous pouvez lui déléguer)

    • Générer des premières ébauches : plans de cours, consignes d’exercices, grilles d’évaluation
    • Différencier rapidement : adapter un même contenu à plusieurs niveaux en quelques clics
    • Gagner du temps sur l’administratif : rédiger des appréciations, des comptes-rendus, des communications aux parents
    • Créer des ressources variées : quiz, textes à trous, QCM, études de cas
    • Proposer des approches alternatives : quand vous bloquez sur une notion difficile à expliquer

    Ce que l’IA ne fait pas (et qui reste votre valeur ajoutée irremplaçable)

    • Connaître vos élèves : leurs blocages, leurs forces, leur contexte familial, ce qui les motive
    • Créer la relation pédagogique : le regard encourageant, le mot qui débloque, l’écoute active
    • Exercer le jugement professionnel : décider quand insister, quand lâcher prise, quand adapter
    • Transmettre la passion : aucune IA ne remplacera l’étincelle dans vos yeux quand vous parlez de votre discipline
    • Gérer le groupe humain : la dynamique de classe, les conflits, l’émulation collective

    Sortir du placard : mode d’emploi pour 2026

    Vous êtes convaincu mais vous ne savez pas par où commencer ? Voici une progression en quatre étapes — calibrée pour que vous soyez prêt quand l’IA institutionnelle arrivera à la rentrée prochaine.

    Étape 1 : L’usage invisible (janvier-février)

    Commencez par des tâches que personne ne verra. Utilisez Le Chat de Mistral pour :

    • Reformuler une consigne que vos élèves ne comprennent jamais
    • Générer dix idées d’accroche pour votre prochain chapitre
    • Créer une grille d’évaluation à partir de vos critères
    • Varier les exercices sur une notion que vous enseignez chaque année

    Vous verrez rapidement le gain de temps. Et surtout, vous constaterez que votre expertise reste indispensable pour trier, adapter, améliorer ce que l’IA propose.

    Étape 2 : Le test en classe (mars-avril)

    Utilisez un contenu généré avec l’aide de l’IA dans votre cours. Observez les réactions. Le cours fonctionne-t-il mieux ? Moins bien ? Pareil ?

    Spoiler : dans la plupart des cas, vos élèves ne verront aucune différence — parce que c’est votre pédagogie qui fait la qualité du cours, pas l’origine du support.

    Étape 3 : Le coming out mesuré (mai-juin)

    Parlez-en à un collègue de confiance. Puis deux. Vous découvrirez probablement que vous n’êtes pas le seul utilisateur « clandestin » de l’IA dans votre établissement.

    Profitez des Café IA organisés par les académies — ces espaces sont conçus pour être bienveillants, où novices et experts partagent leurs expériences sans jugement.

    Étape 4 : L’adoption assumée (rentrée 2026)

    Quand l’IA institutionnelle sera déployée, vous serez prêt. Vous aurez six mois de pratique derrière vous. Vous pourrez aider vos collègues à s’y mettre, partager vos découvertes, vos échecs, vos astuces.

    Vous passerez du statut de « clandestin honteux » à celui de « pionnier qui a pris de l’avance ».

    La vraie question n’est plus « faut-il utiliser l’IA ? »

    C’est : « comment l’utiliser intelligemment ? »

    Vos élèves l’utilisent et y sont formés officiellement. L’institution vous y encourage et investit 20 millions pour vous équiper. Les outils souverains français existent et sont gratuits. Le cadre éthique est posé. L’IA institutionnelle arrive dans huit mois.

    La honte d’utiliser l’IA en 2026, c’est comme la honte d’utiliser une calculatrice en 1985 ou un vidéoprojecteur en 2005. Dans dix ans, on se demandera comment on faisait sans.

    Ne soyez pas le dernier enseignant à sortir du placard IA.

    2026 est l’année du basculement. Montez dans le train.


    Pour aller plus loin

    Ressources officielles :

    • Cadre d’usage de l’IA en éducation (Ministère de l’Éducation nationale, juin 2025)
    • MOOC AI4T « Intelligence artificielle pour et par les enseignants » (FUN-MOOC)
    • Parcours Pix IA (obligatoire pour les élèves, recommandé pour les enseignants)

    Outils à tester dès maintenant :

    • Le Chat de Mistral : chat.mistral.ai (gratuit, sans inscription, souverain)
    • Outils P2IA via le GAR de votre établissement
    • Apps.education.fr pour les outils hébergés par l’Éducation nationale

    Communautés :

    • Café IA de votre académie (renseignez-vous auprès de votre DANE)
    • Classe IA du réseau Canopé
    • Communauté Magistère sur l’IA en éducation
  • Comment créer un quiz avec NotebookLM pour le distribuer à vos élèves ?

    Que vous soyez enseignant dans l’Éducation nationale ou formateur en centre de formation, NotebookLM de Google devient votre assistant idéal pour créer des quiz personnalisés en quelques minutes. Voici comment transformer n’importe quel contenu pédagogique en évaluation interactive.

    Pourquoi utiliser NotebookLM pour vos quiz ?

    NotebookLM est un outil d’intelligence artificielle développé par Google qui analyse vos documents pour en extraire l’essentiel. Contrairement aux générateurs de quiz classiques, il s’appuie exclusivement sur vos sources : vos cours, vos supports de formation, vos documents métier. Résultat ? Des questions parfaitement alignées avec ce que vous avez enseigné, sans hors-sujet ni approximations.

    Pour les enseignants, c’est l’assurance de créer des évaluations cohérentes avec le programme traité en classe. Pour les formateurs professionnels, c’est la garantie que les quiz respectent le référentiel de compétences et les objectifs pédagogiques de la formation.

    Étape 1 : Configurer la langue de sortie

    Avant toute chose, configurez NotebookLM pour qu’il génère du contenu en français. Cette étape est souvent oubliée et conduit à des quiz en anglais, ce qui n’est pas idéal pour vos apprenants.

    Rendez-vous dans les Settings (Paramètres) de NotebookLM, puis dans la section Notebook language, sélectionnez French. Cette configuration s’appliquera à toutes vos interactions dans ce notebook, y compris la génération de quiz et les réponses dans le chat.

    Étape 2 : Importer votre contenu source

    NotebookLM accepte plusieurs formats de sources. Vous pouvez importer des fichiers PDF de vos cours, des documents Google Docs, des présentations Slides, des pages web via leur URL, du texte copié-collé, ou même des fichiers audio et vidéo YouTube.

    Pour un quiz de qualité, privilégiez des sources complètes et bien structurées. Un cours de 20 pages avec des titres clairs donnera de meilleurs résultats qu’une compilation de notes éparses. Les formateurs en centre de formation peuvent directement importer leurs supports de module, tandis que les enseignants peuvent utiliser leurs fiches de révision ou manuels numériques.

    Cliquez sur Add source et sélectionnez vos documents. NotebookLM les analyse automatiquement et en extrait les concepts clés.

    Étape 3 : Générer le quiz

    Une fois vos sources importées, NotebookLM propose plusieurs formats de sortie dans le panneau Studio à droite de l’écran. Parmi les options disponibles, vous trouverez Quiz.

    Vous avez ici plusieurs possibilités, selon ce que vous voulez en faire (simple quiz disponible pour connectés Google ou autres usages)

    Vous ne vous adressez qu’aux utilisateurs Google

    Cliquez sur Quiz et NotebookLM génère automatiquement un ensemble de questions à choix multiples basées exclusivement sur vos sources. Chaque question propose quatre options de réponse (A, B, C, D) avec une seule bonne réponse.

    Vous pouvez personnaliser la génération en précisant dans le chat le nombre de questions souhaitées, le niveau de difficulté, ou les thématiques spécifiques à couvrir. Par exemple : « Génère un quiz de 15 questions sur le chapitre 3 uniquement » ou « Crée un quiz de niveau intermédiaire sur les techniques de vente ».

    Étape 4 : Créer un quiz en JSON structuré pour pouvoir l’utiliser dans n’importe quel logiciel dont Mon Prof Augmenté

    Voici l’étape clé pour exploiter votre quiz dans une plateforme externe. Plutôt que le générez via le bouton quiz, générez le directement via le prompt comme dans cet exemple, utilisez le prompt suivant dans le chat de NotebookLM :

    Creer un quiz en 6 questions, cible enfant 8 ans, où l’on doit trouver l’intrus parmi 4 réponses.
    Le proposer au format JSON structure <comme quiz-json-source-fr.json>. Inclure les questions, les options de reponse (A, B, C, D), la bonne réponse et son explication pour chaque question.

    quiz-json-source-fr.json est ici une source de référence optionnelle (ou modifiable selon la plateforme) à ajouter dans vos sources NotebookLM pour pouvoir avoir le bon formalisme pour pouvoir ensuite l’importer par simple copier-coller de la réponse.

    NotebookLM vous retourne alors un fichier JSON proprement formaté, avec une structure claire pour chaque question. Ce format standardisé est compatible avec la plupart des plateformes de quiz modernes.

    Le JSON généré pour le prompt ci-dessus ressemble à ceci pour une source contenant les sons de la lettre « c »:

    {
      "quiz_intrus_lettre_c": [
        {
          "id": 1,
          "question": "Trouve l'intrus qui ne fait pas le son [k] (comme dans 'kangourou') :",
          "options": {
            "A": "Chat",
            "B": "Cochon",
            "C": "Cube",
            "D": "Cerise"
          },
          "reponse_correcte": "D",
          "explication": "Dans 'Chat', 'Cochon' et 'Cube', le 'c' est devant les voyelles A, O ou U, donc il fait le son [k]. Dans 'Cerise', le 'c' est devant un 'e', il fait donc le son [s] [1]."
        },
        {
          "id": 2,
          "question": "Trouve l'intrus qui ne fait pas le son [s] (comme dans 'serpent') :",
          "options": {
            "A": "Citron",
            "B": "Cygne",
            "C": "Cerise",
            "D": "Chat"
          },
          "reponse_correcte": "D",
          "explication": "Les mots 'Citron', 'Cygne' et 'Cerise' font le son [s] car le 'c' est devant E, I ou Y. Le mot 'Chat' est l'intrus car il fait le son [k] devant la voyelle 'a' [1]."
        },
        {
          "id": 3,
          "question": "Trouve l'intrus qui n'a pas besoin de cédille (ç) pour faire le son [s] :",
          "options": {
            "A": "Garçon",
            "B": "Leçon",
            "C": "Cygne",
            "D": "Français"
          },
          "reponse_correcte": "C",
          "explication": "Le mot 'Cygne' fait naturellement le son [s] car le 'c' est devant un 'y'. Les autres mots ont besoin d'une cédille pour faire [s] devant un 'o' ou un 'a' [1]. (Note : 'Français' n'est pas dans les sources mais suit la même règle)."
        },
        {
          "id": 4,
          "question": "Trouve le mot où la lettre 'C' n'est pas placée devant A, O ou U :",
          "options": {
            "A": "Cochon",
            "B": "Cube",
            "C": "Citron",
            "D": "Garçon"
          },
          "reponse_correcte": "C",
          "explication": "Dans 'Cochon' (O), 'Cube' (U) et 'Garçon' (O), le 'c' ou 'ç' est devant A, O ou U. Dans 'Citron', il est devant un 'i' [1]."
        },
        {
          "id": 5,
          "question": "Trouve l'intrus qui fait le son [k] :",
          "options": {
            "A": "Garçon",
            "B": "Leçon",
            "C": "Cochon",
            "D": "Cerise"
          },
          "reponse_correcte": "C",
          "explication": "Le mot 'Cochon' fait le son [k] car il n'a pas de cédille devant le 'o'. 'Garçon' et 'Leçon' font [s] grâce à la cédille, et 'Cerise' fait [s] car il est devant un 'e' [1]."
        },
        {
          "id": 6,
          "question": "Trouve le mot où la lettre 'C' est placée devant un 'E', un 'I' ou un 'Y' :",
          "options": {
            "A": "Chat",
            "B": "Cygne",
            "C": "Cube",
            "D": "Cochon"
          },
          "reponse_correcte": "B",
          "explication": "Seul le mot 'Cygne' a un 'c' placé devant l'une de ces trois voyelles (le 'y'). Pour les autres, le 'c' est devant A, U ou O [1]."
        }
      ]
    }
    

    Étape 5 : Distribuer le quiz à vos apprenants

    Une fois le JSON copié, vous pouvez l’importer dans votre plateforme de quiz. Sur Mon Prof Augmenté, rendez-vous dans votre tableau de bord de création de quiz, collez le JSON dans le champ prévu à cet effet, et validez. Votre quiz est instantanément disponible pour vos élèves ou stagiaires.

    Ce format JSON est également compatible avec d’autres plateformes comme 9pm Quiz, qui propose une expérience de quiz grand public idéale pour des révisions ludiques ou des animations de groupe (même hors connexion).

    L’avantage de cette approche ? Vous conservez la maîtrise totale du contenu puisque les questions sont issues de vos propres supports, tout en bénéficiant de la rapidité de l’IA pour la génération. Un quiz qui aurait demandé deux heures de rédaction manuelle est prêt en dix minutes.

    Conseils pour des quiz efficaces

    Soignez vos sources en les structurant clairement avec des titres et sous-titres, car NotebookLM s’appuie sur cette organisation pour identifier les concepts importants. Variez les types de questions en demandant des questions de connaissance pure, mais aussi de compréhension et d’application pour les formateurs qui évaluent des compétences professionnelles. Relisez, adaptez toujours le quiz généré (depuis une plateforme adaptée plutôt que directement dans le JSON), car si l’IA est performante, une vérification humaine reste indispensable, notamment pour les questions techniques ou réglementaires. Enfin, nommez vos quiz de manière unique pour faciliter leur identification lors de la conversion en JSON.

    Conclusion

    NotebookLM transforme la création de quiz en un processus simple et rapide, que vous soyez professeur des écoles, enseignant du secondaire, formateur en entreprise ou responsable pédagogique en organisme de formation. En combinant cet outil avec une plateforme de distribution comme Mon Prof Augmenté, vous disposez d’une chaîne complète pour évaluer vos apprenants efficacement.

    La prochaine fois que vous préparez une évaluation, essayez cette méthode. Vos élèves et stagiaires bénéficieront de quiz parfaitement adaptés à leur parcours d’apprentissage, et vous gagnerez un temps précieux pour vous concentrer sur l’essentiel : l’accompagnement pédagogique.

  • Comment générer des images avec ChatGPT et les ajouter à Mon Prof Augmenté

    Comment générer des images avec ChatGPT et les ajouter à mon prof augmenté

    Depuis mars 2025, ChatGPT intègre nativement la génération d’images grâce à GPT-4o. Et depuis le 16 décembre 2025, OpenAI a lancé GPT Image 1.5, une version encore plus performante : génération 4 fois plus rapide, meilleur rendu du texte dans les images, et édition beaucoup plus précise. Voyons comment en profiter pour enrichir vos cours avec mon prof augmenté.

    La nouvelle interface Images de ChatGPT

    ChatGPT propose désormais une section dédiée Images accessible directement depuis la barre latérale (marquée « NOUVEAU »). Cette interface repensée facilite la création d’images :

    Vous y trouverez :

    • Un champ de saisie pour décrire votre image en langage naturel
    • Des styles prédéfinis à appliquer en un clic : Croquis, Portrait de vacances, Dramatique, Peluche, Statuette bobblehead, Poupée glamour 3D, et bien d’autres
    • La possibilité de générer plusieurs images en parallèle sans attendre

    Générer une image pédagogique

    Deux approches s’offrent à vous :

    Via la section Images

    1. Cliquez sur Images dans la barre latérale de ChatGPT
    2. Décrivez votre image dans le champ prévu, par exemple : « Un schéma du cycle de l’eau avec évaporation, condensation et précipitations, légendes en français »
    3. Optionnellement, choisissez un style prédéfini
    4. ChatGPT génère l’image en quelques secondes

    Via une conversation classique

    Vous pouvez aussi demander une image directement dans n’importe quelle conversation. Tapez simplement votre demande : « Génère une illustration de la photosynthèse pour des élèves de CM2 ».

    Astuce : GPT Image 1.5 excelle dans le rendu du texte. N’hésitez pas à demander des schémas annotés, des infographies ou des diagrammes avec du texte intégré — le résultat sera lisible et précis.

    Ajouter l’image dans mon prof augmenté

    Une fois votre image créée, plusieurs méthodes permettent de l’intégrer dans l’application Mon Prof.

    Méthode rapide (recommandée) : Partager directement

    C’est la méthode la plus simple :

    1. Appui long sur l’image générée dans ChatGPT
    2. Sélectionnez Partager dans le menu contextuel
    3. Dans la feuille de partage iOS, choisissez l’application Mon Prof
    4. L’image est directement importée dans votre cours

    Cette méthode évite toute manipulation intermédiaire et vous fait gagner un temps précieux.

    Méthode classique : via Photos ou Fichiers

    Si vous préférez conserver l’image avant de l’importer :

    1. Appui long sur l’image dans ChatGPT
    2. Sélectionnez Enregistrer dans Photos ou Enregistrer dans Fichiers
    3. Ouvrez l’application Mon Prof
    4. Importez depuis Photos ou Fichiers selon votre choix

    Depuis un autre appareil : via AirDrop

    Si vous avez généré l’image sur un Mac ou un autre appareil Apple :

    1. Envoyez l’image via AirDrop vers votre iPhone ou iPad
    2. Acceptez le transfert et enregistrez dans Photos ou Fichiers
    3. Ouvrez Mon Prof et importez l’image

    Idées d’images pédagogiques à générer

    GPT Image 1.5 ouvre de nombreuses possibilités pour vos cours :

    • Schémas scientifiques : anatomie, circuits électriques, cycles naturels
    • Frises chronologiques illustrées avec dates et événements
    • Cartes mentales visuelles sur un concept
    • Illustrations de vocabulaire pour les langues étrangères
    • Représentations mathématiques : figures géométriques, graphiques
    • Scènes historiques pour contextualiser une leçon
    • Personnages ou mascottes pour rendre un cours plus engageant

    La capacité de GPT Image 1.5 à intégrer du texte lisible directement dans les images en fait un outil particulièrement adapté aux supports pédagogiques.


    Générez, partagez, enseignez — mon prof augmenté et ChatGPT travaillent main dans la main pour enrichir vos cours.

  • Nano Banana Pro : générez des images pédagogiques de qualité professionnelle gratuitement avec Google Gemini

    Infographies, schémas explicatifs, posters de classe, supports visuels… Et si l’intelligence artificielle devenait votre meilleur assistant créatif ? Découvrez Nano Banana Pro, le nouveau générateur d’images de Google, et apprenez à l’utiliser efficacement dans votre pratique d’enseignant.


    Pourquoi Nano Banana Pro change la donne pour les enseignants

    Depuis novembre 2025, Google a mis à disposition Nano Banana Pro, son nouveau modèle de génération d’images basé sur Gemini 3 Pro. Ce qui le distingue des autres générateurs d’images IA ? Sa capacité exceptionnelle à créer du texte lisible directement dans les images.

    Pour un enseignant, c’est une révolution. Vous pouvez désormais générer :

    • Des infographies pédagogiques avec des légendes parfaitement intégrées
    • Des schémas scientifiques annotés et précis
    • Des affiches de classe avec du texte en français impeccable
    • Des diagrammes explicatifs pour illustrer des concepts complexes
    • Des supports visuels multilingues pour les classes de langues
    • Des frises chronologiques avec dates et événements lisibles

    Le modèle s’appuie sur les connaissances de Google pour créer des visuels factuellement corrects — particulièrement utile pour les contenus éducatifs où la précision compte.


    Comment utiliser Nano Banana Pro gratuitement dans Google Gemini

    Étape 1 : Accéder à Gemini

    Rendez-vous sur gemini.google.com et connectez-vous avec votre compte Google (votre compte personnel ou votre compte Google Workspace éducation).

    Étape 2 : Activer le bon modèle

    Dans l’interface Gemini :

    1. Cliquez sur « 🍌 Créer des images » dans le menu des outils
    2. Sélectionnez « Thinking » (pensée approfondie) dans le menu des modèles — c’est ce qui active Nano Banana Pro
    3. Si vous choisissez « Fast » (rapide), vous utiliserez Nano Banana standard, moins performant

    Étape 3 : Rédiger votre prompt pédagogique

    La clé d’un bon résultat réside dans la précision de votre demande. Voici la structure recommandée :

    [Type de visuel] + [Sujet précis] + [Éléments textuels souhaités] + [Style graphique] + [Format]
    

    Exemples de prompts pour enseignants :

    « Crée une infographie éducative sur le cycle de l’eau pour des élèves de CM2. Inclus les termes : évaporation, condensation, précipitation, ruissellement. Style coloré et engageant, format portrait. »

    « Génère un schéma annoté de la cellule végétale avec les légendes en français : noyau, chloroplastes, vacuole, membrane, paroi cellulaire. Style scientifique sur fond blanc. »

    « Crée une affiche de conjugaison pour la classe avec le verbe ‘être’ au présent de l’indicatif. Toutes les personnes bien lisibles, style tableau noir avec craie colorée. »

    Étape 4 : Affiner et itérer

    Une fois l’image générée, vous pouvez demander des modifications :

    • « Agrandis le texte du titre »
    • « Change les couleurs pour un meilleur contraste »
    • « Ajoute une flèche entre l’évaporation et la condensation »

    Les limitations de la version gratuite (et pourquoi ça coince vite)

    Voici ce que vous devez savoir sur l’accès gratuit à Nano Banana Pro dans Gemini :

    AspectVersion gratuiteGoogle AI Pro (19,99€/mois)
    Images par jour~2 imagesJusqu’à 1 000 images
    Résolution maximale1KJusqu’à 4K
    Filigrane visibleOui (logo Gemini)Oui
    Accès Gemini 3 Pro~5 prompts/jour~100 prompts/jour

    Les problèmes concrets pour les enseignants :

    1. Quota rapidement épuisé : Avec seulement 2 images par jour, impossible de préparer une séquence complète
    2. Limites fluctuantes : Google peut réduire les quotas sans préavis en cas de forte demande
    3. Résolution limitée : Les images en 1K manquent parfois de netteté pour l’impression
    4. Filigrane visible : Le logo Gemini en bas de chaque image peut distraire les élèves

    Google a d’ailleurs récemment réduit les quotas gratuits en raison de la « forte demande », passant de 3 à 2 images par jour pour Nano Banana Pro.


    La solution : Higgsfield pour des générations illimitées en haute résolution

    Si vous préparez régulièrement du matériel pédagogique visuel, Higgsfield offre une alternative particulièrement intéressante.

    Ce que propose Higgsfield

    Higgsfield est une plateforme créative IA qui intègre Nano Banana Pro avec des avantages significatifs :

    • Générations illimitées de Nano Banana Pro pour tous les abonnés payants
    • Résolution native 4K — parfait pour l’impression d’affiches grand format
    • Pas de système de crédits : générez autant que nécessaire sans compter
    • Vitesse optimisée : environ 10 secondes par image
    • Outils complémentaires : Face Swap, édition d’images, génération vidéo avec Sora 2

    Les tarifs (actuellement en promotion)

    PlanPrix mensuel (facturé annuellement)Inclus
    Pro~17,40 €Nano Banana Pro illimité + outils de base
    Ultimate~24,50 €Tout illimité + vidéo IA avancée

    👉 Accéder à Higgsfield avec notre lien partenaire

    Pourquoi Higgsfield convient aux enseignants

    1. Préparation en série : Créez tous les visuels d’une séquence en une session
    2. Qualité impression : Le 4K permet d’imprimer des affiches A3 ou A2 nettes
    3. Pas de filigrane gênant : Visuels professionnels utilisables directement
    4. Cohérence des personnages : Gardez le même style graphique sur toute une série

    10 idées d’utilisation pédagogique de Nano Banana Pro

    1. Sciences et SVT

    Générez des schémas annotés du corps humain, du système solaire, des écosystèmes ou des réactions chimiques avec des légendes précises.

    2. Histoire-Géographie

    Créez des reconstitutions de scènes historiques, des cartes conceptuelles illustrées ou des infographies sur les grandes civilisations.

    3. Langues vivantes

    Produisez des flashcards illustrées, des affiches de vocabulaire thématique ou des supports visuels pour la compréhension orale.

    4. Mathématiques

    Illustrez des problèmes avec des situations visuelles, créez des posters de formules ou des représentations graphiques de concepts géométriques.

    5. Français

    Générez des affiches de conjugaison, des illustrations pour les lectures suivies ou des supports visuels pour l’analyse de texte.

    6. Arts plastiques

    Montrez différents styles artistiques, créez des modèles de composition ou illustrez l’histoire de l’art avec des exemples générés.

    7. Éducation civique et morale

    Créez des affiches sur les valeurs républicaines, illustrez des concepts abstraits comme la solidarité ou le respect.

    8. Orientation et vie de classe

    Produisez des visuels pour les projets d’orientation, les règles de vie ou les événements de l’école.

    9. Adaptation et inclusion

    Générez des pictogrammes personnalisés, des supports visuels pour élèves allophones ou des séquences en images pour faciliter la compréhension.

    10. Projets interdisciplinaires

    Créez des visuels cohérents pour des expositions, des journaux de classe ou des présentations aux parents.


    Conseils pour des prompts efficaces

    La formule magique pour les enseignants

    Crée [TYPE] pour [NIVEAU/PUBLIC] sur [SUJET]. 
    Inclus ces éléments textuels : [LISTE]. 
    Style : [DESCRIPTION VISUELLE]. 
    Format : [DIMENSIONS/ORIENTATION].
    

    Bonnes pratiques

    Soyez spécifique sur le niveau scolaire (CP, 6ème, lycée…) ✅ Listez le texte exact que vous voulez voir apparaître ✅ Précisez le contexte : « pour affichage en classe », « pour impression A4 » ✅ Indiquez le ton : « ludique et coloré », « scientifique et épuré » ✅ Demandez des itérations pour ajuster les détails

    Ce qu’il faut éviter

    ❌ Les prompts vagues (« une image sur les maths ») ❌ Trop de texte à intégrer (gardez l’essentiel) ❌ Les personnages célèbres ou sous copyright ❌ Les demandes de contenu inapproprié (le modèle les refuse)


    Questions fréquentes

    Les images générées sont-elles libres de droits ?

    Oui, vous pouvez utiliser les images générées dans un cadre éducatif. Cependant, Google intègre un filigrane invisible (SynthID) pour identifier les images IA.

    Peut-on utiliser Gemini avec un compte Google Education ?

    Oui, si votre établissement a activé Gemini pour les comptes Workspace Education. Vérifiez auprès de votre administrateur.

    Les images sont-elles toujours exactes ?

    Non. Le modèle peut faire des erreurs factuelles, notamment sur les données chiffrées ou les représentations scientifiques complexes. Vérifiez toujours avant d’utiliser en classe.

    Quelle différence entre Nano Banana et Nano Banana Pro ?

    Nano Banana (basé sur Gemini 2.5 Flash) est plus rapide mais moins précis. Nano Banana Pro (basé sur Gemini 3 Pro) offre une meilleure qualité, surtout pour le texte et les schémas complexes.


    En résumé

    Nano Banana Pro représente une avancée majeure pour la création de contenus pédagogiques visuels. L’accès gratuit via Google Gemini vous permet de découvrir l’outil, mais les limitations (2 images/jour, résolution 1K) freinent rapidement une utilisation régulière.

    Pour les enseignants qui créent fréquemment du matériel visuel, Higgsfield offre une solution économique avec des générations illimitées en 4K — un investissement qui se rentabilise vite en temps gagné.

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